Daddy, à quoi tu joues ? #89 – Shadow of the Tomb Raider

Comme j’ai adoré les précédents épisodes, Shadow of the Tomb Raider était dans le top 5 des jeux que j’attendais le plus cette année. C’est donc très logiquement que je me suis jeté dessus et que j’en ai savouré chaque seconde pour vous proposer un test le plus complet possible.
Que voici…

Shadow of the Tomb Raider – Aux frontières du réel

Souvenez-vous, quand vous jouiez à Tomb Raider sur la première PlayStation, avec sa Lara Croft si cubique, ses décors anguleux et ses textures pixélisées… Vous visualisez bien ?

Eh bien, sachez que si on vous avait montré Shadow of the Tomb Raider à l’époque, jamais vous n’auriez pu croire cela possible. Bien sûr qu’il n’a plus rien à voir avec ce jeu mythique de 1996, mais même la plupart des productions sorties cette année semble dater d’une autre génération.

Oh oui !  Que Lara est belle (et bien proportionnée), que les environnements sont impressionnants de vérité, que les lumières sont profondes et les couleurs chatoyantes. Chaque instant passé dans le jeu est matière à se réjouir devant tant de beauté. On se croirait en pleine jungle péruvienne, de pouvoir toucher les feuilles de cette végétation luxuriante, de sentir la pluie couler sur notre visage ou d’avoir la nausée en parcourant un charnier…

Les effets de lumière sont certainement ce qui rend l’expérience si intense. Il y a bien sûr les explosions et les combats qui en mettent plein la vue, mais ce n’est qu’une infime partie du jeu. La plupart du temps, Lara explore, puisque c’est son métier. On découvre donc des luminosités différentes en fonction des heures de la journée, si Croft se trouve dans une grotte, dans un temple ou cachée dans la boue… Je ne compte plus les captures d’écran que j’ai pu prendre tant j’ai eu d’occasions de m’émerveiller.

Voilà, je l’avoue dès les premières lignes de ce test, Shadow of the Tomb Raider est magnifique !

Que l’on visite une cité oubliée, un temple, un village isolé ou encore le manoir des Croft, nos yeux ont de quoi se réjouir en permanence.

Habituellement, j’aime bien aller chercher la petite bête comme un peu d’aliasing, du scintillement ou des textures baveuses. Ici je n’ai quasiment rien à dire. Effectivement, j’ai constaté quelques ralentissements, mais c’est de ma faute. En effet, avant de commencer une partie, on nous demande de choisir entre plusieurs modes graphiques afin d’avoir un jeu plus beau ou plus fluide. J’ai choisi la beauté au détriment de la fluidité, et je ne le regrette vraiment pas.

Shadow of the Tomb Raider – Lara, c’est toi ?

Difficile de reconnaître Lara Croft tant elle a changé. Nous l’avions laissée toute jeune aventurière et nous retrouvons une femme plus sombre, avec plus de caractère. Elle est toujours sur les traces de l’ordre de la Trinité, une organisation militaire qui a pour but de récupérer des reliques mystiques aux pouvoirs surnaturels afin d’imposer son idéologie au monde. Mais en voulant doubler leur chef, le docteur Dominguez, elle provoque malgré elle une apocalypse en retirant une dague d’un temple maya.

Toute l’aventure de Shadow of the Tomb Raider s’axe sur cette erreur de notre héroïne et des cataclysmes qui en découlent. Elle n’a de cesse de corriger son erreur et d’empêcher les trinitaires de réécrire le monde.

Ce scénario plus noir que les précédents met en avant les doutes de Lara sur ses motivations. Tout du long de l’histoire, elle s’interroge sur la conséquence de ses actes sur la vie, ou plutôt la mort, des autres. Ce côté psychologique est un bon liant pour la narration, mais il reste bien trop superficiel. Il faut dire que le doublage en français n’aide pas vraiment. La traduction est plus qu’approximative, les voix ne collent pas aux mouvements des lèvres et certains acteurs ont dû oublier que mettre de l’intonation donne une plus-value à leur travail. Et qu’il est dommage d’avoir changé la doubleuse de Lara pour ce troisième épisode. Était-il vraiment nécessaire de donner à miss Croft la même voix que dans le film ?

La noirceur de Shadow of the Tomb Raider se trouve également dans son level design. Bien moins aérien que ses prédécesseurs, cet épisode nous plonge dans la terre, dans la violence des cultes mayas avec leurs lots de sacrifices humains.

On parcourt bien plus de grottes, il y a plus de passages stressants où Lara est à la limite de la noyade ou de la claustrophobie, certaines scènes nous font même ramper dans un charnier tout sanguinolent…

Shadow of the Tomb Raider – On ne change pas une équipe qui gagne.

J’ai eu très peu d’inspiration pour ce sous-titre, mais c’est tellement vrai avec ce Shadow of the Tomb Raider. Puisque cet épisode vient clôturer une trilogie, il est normal que Lara Croft soit déjà équipée de ses objets et compétences fétiches. On attaque donc cette nouvelle aventure avec une héroïne aguerrie, qui sait déjà escalader des parois vertigineuses et jouer les équilibristes en sautant de branche en branche. Cela a un impact bénéfique, puisqu’on se plonge directement dans l’intrigue, sans avoir besoin de passer les sempiternels rites de recherches d’armes, de piolets ou de capacités…

Malheureusement, hormis une ou deux nouveautés dans le gameplay, on se retrouve en terrain connu. On a vraiment l’impression de prendre la suite de Rise of the Tomb Raider sans avoir passé deux ans et demi à attendre.

Les scènes de dialogue sont suivies par de l’exploration, puis par un peu de gunfight… Tiens ! Un peu d’infiltration ! Lara se couvre de boue et se cache dans la végétation pour assassiner ses ennemis tels Rambo. Ces quelques passages auraient pu agrémenter considérablement le jeu, mais l’IA des ennemis frôle tellement les pâquerettes que c’est seulement anecdotique. D’ailleurs, l’ensemble du jeu repose sur des mécanismes assez bancals. En effet, les combats sont toujours aussi inintéressants, la caméra ne permettant pas de se battre au corps à corps. On reste donc toujours à bonne distance de nos ennemis, tentant des head shots mortels en espérant ne pas se retrouver trop près de soldats qu’il serait impossible de tuer au couteau.

Même l’essence du jeu a été coupée à la flotte. Les tombeaux sont d’une simplicité enfantine à découvrir et leurs énigmes reposent pour la plupart sur des transferts d’eau et des flèches à planter dans le décor. Mis à part un ou deux qui offrent un peu plus de challenge, la plupart se passeront de manière instinctive tant les mécaniques de jeu n’ont pas changé depuis le premier épisode.

Shadow of the Tomb Raider – Mon avis

Que de frustrations avec ce Shadow of the Tomb Raider ! Il aurait à coup sûr bénéficié d’une meilleure critique s’il avait été le premier de la série. Malheureusement, il arrive après deux épisodes dont il reprend presque tout. Il nous donne assez peu l’occasion d’être surpris par son gameplay, car on y retrouve tout ce qui a fait le succès de la licence Uncharted.

Même si l’aventure peut se terminer en 15 à 20 heures, j’ai pris mon temps pour récupérer un maximum d’artefacts, pour faire l’ensemble des temples et cryptes et découvrir les fresques éparpillées de-ci de-là. J’ai été occupé deux semaines avant d’en voir le générique final, mais en fin de compte, je n’ai pas l’impression d’avoir vécu mon jeu. J’ai seulement bêtement avancé, connaissant les moindres techniques pour passer les pièges, tout en m’émerveillant devant la beauté des graphismes. Shadow of the Tomb Raider me laisse donc un goût d’inachevé. Je n’ai pas cette tristesse, cette mélancolie, que j’ai habituellement après avoir fini un grand jeu.

ATTENTION PARENTS !

Shadow of the Tomb Raider n’est pas un jeu pour enfants ! Même si on aimerait bien avoir Lara Croft comme nounou, elle tue, rampe dans une marée de cadavres et se pose des questions existentielles propres à une adulte. Il n’est pas à mettre entre des mains de moins de 16 ans.

Shadow of the Tomb Raider

En résumé

Shadow of the Tomb Raider est bien décevant. Il aurait pu être un excellent jeu, mais les développeurs ont préféré nous proposer une suite des premiers épisodes plutôt qu’une nouvelle mécanique de jeu. Le résultat fait que l’on s’ennuie très rapidement.

J'aime

  • Une prise en main immédiate
  • L’ambiance 
  • Visuellement magnifique
  • Des scènes particulièrement réussies
  • Les villages pleins de vie

Je n'aime pas

  • Une suite sans idées
  • Le doublage français raté
  • Les phases d’infiltration mal fichues
  • Les gunfights peu intéressants
  • Trop de loot

Daddy Gamer Chief

Papa de trois petites demoiselles, une de 9 ans, une de 3 ans et une toute fraîchement née ainsi que d'un petit garçon de 2 ans, j'arrive tout de même à concilier mon travail, mon rôle de père, ma passion pour le jeu vidéo et le basket. De ce fait, j'ai créé ce blog afin de partager avec vous tous mes passions, mais aussi mes expériences vidéo-ludiques avec mes enfants. Ce blog n'a pas vocation à remplacer les grands sites tels que jeuxvidéo.com ou GamerGen.com, mais bien de faire partager avec le plus grand nombre ce qu'est la vie de papa gamer avec quatre enfants.

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