Je ne suis pas un fan de GTA et des jeux qui en copient le concept. Il faut dire que tuer et écraser des innocents, ce n’est pas mon truc. Et pourtant, j’avais adoré le tout premier Saints Row. Le fait de revendiquer et piquer le territoire des gangs ennemis m’avait bien plu, l’ambiance et le gameplay du jeu également.

En revanche, je n’ai absolument pas accroché aux suites. Dans l’absolu, rien ne laissait prédire que je pourrais vous proposer un test de ce Saints Row version 2022. Mais la promesse d’un reboot plus sage et « plus réaliste » m’ont fait sauter le pas et voici donc mon avis sur cette mouture que j’ai explorée sur Xbox Series X.

Saints Row : des Saints, mais pas d’auréoles

Elli, Kevin, Neenah et notre « Boss » sont dans un bateau… enfin surtout dans une belle galère financière. En effet, notre avatar et ses trois comparses vivent en colocation, mais ont du mal à joindre les deux bouts. Alors, pour se faire quelques billets verts et payer leur loyer, ils effectuent quelques menus larcins dont la victime est régulièrement le préteur sur gages du quartier. Ils sont également tous plus ou moins intégrés dans les gangs qui contrôlent Santo Ileso, la ville dans laquelle l’histoire de Saints Row se déroule.

Mais après que notre boss s’est fait virer de chez Marshall, les mercenaires qui tiennent le quartier riche, et ce à cause des Idols de Kevin et des Panteros de Neenah, nos quatre larbins vont vouloir s’émanciper et créer leur propre gang : les Saints.

Evidement, Marshall, les Idols et les Panteros vont voir d’un mauvais œil l’arrivée d’un nouveau concurrent dirigé par leurs anciens membres. Et c’est le début des problèmes pour notre « Boss » et ses trois lieutenants…

Un monde ouvert, mais vide !

Adieu le what the fuck total des derniers épisodes, ce nouveau Saints Row se veut plus sérieux et crédible, ce n’est pas pour me déplaire. On commence par créer notre avatar, notre « Boss », des pieds à la tête. Le but n’étant pas qu’il nous ressemble comme deux gouttes d’eau, les options proposées pour customiser son visage et ses cheveux sont assez limitées. En revanche, les propositions pour les couleurs de peau, la pilosité, les cicatrices, les vêtements, bijoux, etc. sont innombrables et devraient permettre à chacun de créer un personnage unique.

Il est à préciser qu’outre les options visuelles et audio proposées pour les personnes mal voyantes et mal entendantes, on peut également customiser notre héros avec une ou deux prothèses de bras ou de jambes. Là, il est également possible de choisir sa ou ses prothèses entre différents modèles.
Ca n’a évidemment aucun impact sur le gameplay du jeu, mais je trouve ça très bien qu’une personne handicapée (ou non) puisse choisir de reproduire son handicap à l’écran si elle le souhaite.

Tout au long de l’aventure, en fonction de nos actions et défis réalisés, on pourra débloquer de nouvelles options de personnalisation comme de nouveaux tatouages, vêtements et accessoires en tout genre. Nos armes et véhicules sont également customisables à souhait.

Et nous voici jetés dans le grand bain avec cette immense ville de Santo Ileso à parcourir. Le personnage bouge bien, les véhicules divers et variés (voitures, camions, motos, hélicoptères, etc.) sont assez faciles à piloter… Dans l’ensemble le gameplay est assez plaisant même s’il n’est pas dépourvu de défauts. Mais on s’en accommode assez rapidement.

En revanche, c’est aux yeux que Saints Row fait mal. Et ça pique très fort ! Graphiquement, le jeu se situe entre la fin de vie de la Xbox 360 et l’arrivée de la Xbox One. C’est pas particulièrement beau. En effet, les textures sont floues, les décors, piétons, arbres apparaissent d’un coup (on appelle ça du clipping), les ombres sont une multitude de petits points bien visibles et ça lague à souhait ! Je joue sur une Xbox Series X et je suis obligé de passer en mode 1080p pour ne pas (ou presque) avoir de ralentissements. Et on ne peut pas mettre ça sur le dos de la vie dans Santo Ileso, car il n’y a quasiment pas de gens dans les rues, relativement peu de circulation et la faune est… comment dire… invisible !

Un manque de fun au sein des Saints

Rajoutons à cela un nombre incalculable de bugs, de crashs, freezes, erreurs de sauvegarde, quêtes qui ne se lancent pas, scripts bloqués, et j’en passe. Alors oui, un patch est déjà prévu, voire même déjà sorti au moment où je rédige ce test, mais ceux qui ont acheté le jeu day one n’ont-ils pas le droit d’avoir un jeu fini le jour de leur achat ? C’est à croire qu’il n’y a plus de tests de pré-lancement chez les développeurs et que c’est aux joueurs que revient cette tâche.
Vous trouvez ça normal ? Pas moi ! Surtout pour un jeu qui devait sortir il y a six mois.

C’est dur à dire, mais j’ai parcouru Saints Row en une vingtaine d’heures – scénario plus une bonne partie des quêtes secondaires – et tout du long mon encéphalogramme est resté plat. L’histoire est banale, l’humour n’est pas drôle, les missions se suivent et se ressemblent. Heureusement que le gameplay est correct, sinon le Blu-ray du jeu me servirait déjà de sous-bock à bière…

Il y a bien quelques instants de plaisir malgré tout. Certaines missions sont plutôt sympas à effectuer et j’ai notamment eu la chance de défoncer un chantier en utilisant un tractopelle dont la radio passait – par pur hasard – « Le Noël des Petits Santons » de Tino Rossi. La bande-son est justement un des rares fournisseur de sourires grâce à une sélection éclectique qui va de DMX et Busta Rhymes, à Slayer et Naughty by Nature en passant par Beethoven et Mozart… Je me revois encore à sauter sur mon siège en entendant « Sound of da Police » de KRS-One… Woop Woop !!!!!

Saints Row : mon avis

Quel gâchis ! Saints Row aurait pu être un bon petit jeu bien défoulant à faire en attendant les grosses sorties de fin d’année. Mais, encore une fois, j’ai le sentiment que c’est plus un groupe d’actionnaires qui a décidé de mettre le jeu sur le marché plutôt que l’équipe de développement.

Tout n’est pas à jeter et Saints Row n’est pas un mauvais jeu. Il est juste pas possible de sortir un jeu aussi mal fini sur une PS5 ou une Xbox Series X alors que pour le même prix on peut avoir un jeu qualitativement bien supérieur.

Mon verdict est sans appel, avec la quantité de jeux dont nous abreuve l’industrie il y a forcément mieux à faire que de jouer à Saints Row. Si jamais vous êtes fans des GTA like et que vous voulez satisfaire votre manque de jeux de ce genre, attendez qu’il soit moins cher, voire mieux, inclus au Game Pass ou au PlayStation Plus.