Que vous ayez déjà joué à The last of Us dans sa version originale sur PS3 ou à son remaster sur PS4, que vous adoriez la licence ou pas, sachez que je publie ce test pour deux raisons : 1 – Je n’ai jamais fait le jeu sur PS3 ou PS4 (enfin, j’avais commencé, mais lâché au bout de quelques heures) ; 2 – Après avoir publié mon test de The Last of US: Part II je m’étais dit qu’il fallait absolument que je finisse le 1er épisode.
Je vais donc rédiger ce test de The Last of Us: Part I avec un œil nouveau, sans m’appuyer sur des souvenirs de versions précédentes. Il sera noté comme un jeu PlayStation 5, tout en gardant à l’esprit qu’il s’agit de la refonte d’un jeu qui a presque dix ans.

Les derniers d’entre nous

26 septembre 2013, à Austin au Texas où Joel vit avec sa fille Sarah. Une mystérieuse infection au champignon cordyceps est en train de dégénérer et les journaux du jour annoncent une augmentation des admissions dans les hôpitaux de plus 300 %. Ils rapportent que les personnes infectées sont particulièrement agressives et appellent à la prudence.

Alors que tout le voisinage commence à se transformer, Joel décide de s’enfuir avec sa fille et son frère Tommy. Comme dans tout bon scenario catastrophe, ils se retrouvent bloqués dans la circulation au milieu de tous ces gens qui cherchent à quitter la ville. C’est alors à pied que la fuite s’organise, enfin, se désorganise, parmi les carambolages, les attaques d’infectés et les explosions…

C’est au moment où on les pense sortis d’affaire qu’ils sont rattrapés par l’armée qui tente d’abattre toute personne tentant de sortir du périmètre et susceptible d’être porteuse du champignon. Sarah est touchée par une balle et meurt dans les bras de son père. (Et c’est là que le gros nounours qui est en moi lâche sa première larme…)

L’épidémie vire à la pandémie et extermine l’humanité. Les survivants sont regroupés dans des villes verrouillées en « zones de quarantaine » et placés sous loi martiale.

The Last of Us: Part I – Ellie, espoir de l’humanité

Vingt ans plus tard, Joel vit dans une zone de quarantaine à Boston où il vit du trafic d’armes et de tickets de rationnement sur le marché noir en compagnie de Tess, sa coéquipière. Alors qu’ils tentent de récupérer, en vain, une livraison d’armes qui leur a été volée, ils croisent Marlène, la chef des Lucioles, qui leur propose de leur rendre leur marchandise en échange d’un service. Il leur suffira de livrer un colis à un autre groupe de Lucioles, dans la partie non-sécurisée de la ville. Le colis en question n’est autre qu’Ellie, une orpheline de 14 ans qui a été mordue par un infecté, mais qui ne contracte pas la maladie. Elle pourrait être la solution à la confection d’un vaccin que les Lucioles tentent de mettre au point.

Commence alors une grande aventure à travers ce qu’il reste des Etats-Unis en parcourant des villes abandonnées où la nature a repris ses droits. Infectés et bandits rôdent partout et les rares zones sécurisées (ou presque) sont sous le contrôle de l’armée ou des Lucioles

Vous l’aurez compris, l’élément principal de The Last of Us: Part I c’est son scénario. Et dans ce que je vous ai dit, il n’y a vraiment que la première heure de jeu, donc aucun spoil. L’écriture de l’histoire du jeu est une master class tant elle est juste et touchante, elle prend littéralement aux tripes. Le papa qui est en moi est d’autant plus touché par Joel, auquel il est facile de s’identifier, notamment parce qu’Ellie a le même âge que ma grande.

En revanche, on ressent bien que le jeu est bridé par sa structure datée. En effet, le level design datant de 2013, on est loin de la liberté offerte par The Last of Us: Part II, qui reste malgré tout un jeu à couloir. Dans ce premier épisode, on retrouve la même décomposition des niveaux, alternant narration, exploration, combat, exploration, narration, bis repetita… Mais ici ils sont plus étriqués et moins propices à l’exploration. De plus, les « énigmes » qui les jalonnent sont toutes identiques (échelles ou planches à déplacer) et freinent très peu notre avancée.

Une infection qui laisse des traces

Mais encore une fois, le schéma répétitif du déroulé du jeu est vite oublié tant l’histoire est pleine de surprises. Les décors sont magnifiques, les effets de lumière les rendent encore plus somptueux, mais aussi parfois plus glauques. Les expressions des visages sont criantes de vérité, ce qui nous permet de plonger encore plus profondément dans cette aventure. Evidemment, tout cela est accompagné par une bande-son hors du commun et des doublages parfaitement réalisés, jouer avec un casque offrant une bonne spatialisation des sons est indispensable pour profiter un maximum de cette ambiance parfois suffocante.

Qui dit PS5, dit forcément choix des modes graphiques. Le mode “Fidélité” propose une 4K native et un fréquence de 40 images par seconde. Le mode “Performance” quant à lui privilégie la fluidité à 60 fps avec de la 4K dynamique ou du 1440p. Mais ce second mode visuel est moins éclatant et est surtout utile pour avoir des combats plus fluides. Petit point à noter, c’est que The Last of Us Part I permet de passer de Fidélité à Performance à la volée, sans passer par l’écran-titre ou recharger une partie.

Bon nombre de bonus ont également été ajoutés pour satisfaire les fans. Les plus acharnés auront accès à une option de mort permanente, ce qui ne laisse aucune place aux approximations. Il y a également un mode speedrun, des images et modèles 3D inédits à consulter dans le menu des bonus, des skins et même des commentaires de Neil Druckmann et des acteurs de Joel et Ellie. Un nouveau mode photo a également été ajouté.

Comme c’est devenu une norme, voire même une obligation, de nombreuses options d’accessibilité ont été ajoutées. Cela est devenu indispensable pour que les personnes mal voyantes, mal entendantes ou à mobilité réduite puissent également profiter pleinement du jeu.

Le Tombeau des Lucioles

Je vous en ai parlé, bien que ce soit une refonte du jeu original, The Last of Us: Part I garde malgré tout des séquelles de ce qu’il a été. Il y a donc la structure des niveaux, mais également le gameplay qui a gardé un goût de 2013. Malgré tout, même si le système de visée est perfectible avec les armes à feu, il est aisé de balancer une brique à la tête d’un ennemi afin de l’étourdir, pour ensuite lui sauter dessus et lui planter un surin dans la gorge.

Nous sommes en présence d’un jeu de survie post-apocalyptique, les munitions et objets de confection sont donc rares, mais il est bien utile de trouver de temps en temps un établi où améliorer son équipement. Le mélange entre craft, survie et armes à feu marche bien. Bien que le nombre d’armes proposées soit conséquent, la discrétion est de mise, même pour un bourrin comme moi, car les munitions sont comptées…

De plus, la manette de la PS5, la DualSense, fait encore des merveilles. En effet, grâce à ses vibrations chaque arme dispose de sensations différentes. Le recul des fusils, la tension de la corde de l’arc et même le rechargement des armes, la manette fait ressentir les actions dans leurs moindres détails.

The Last of Us: Part I – Mon avis

Autant vous le dire tout de suite, j’ai adoré The Last of Us: Part I. Ça a dû se lire dans les paragraphes précédents. Mais cette aventure est tellement bourrée d’émotions que je n’ai pas vu passer la petite vingtaine d’heures qu’il m’a fallu pour la parcourir.

Tout est fait pour nous faire frissonner ou trembler. Du moindre détail visuel, au petit son qui paraît anodin ou au claquement des Claqueurs, ce petit rayon de lumière qui traverse l’obscurité pour nous dévoiler une ombre inamicale… Ce jeu est tel un condensé d’émotions, qu’il mérite bien qu’on le qualifie de chef d’œuvre.

En ce qui concerne le grand débat sur son prix, qui a remué les réseaux sociaux ces dernières semaines, je vais simplement vous donner mon avis. Malgré quelques petits défauts techniques qui subsistent, et comme c’est la première fois que je le fais, il mérite le tarif « AAA » d’un jeu PS5, même si je trouve que 80 € ça reste cher pour un jeu vidéo.
En revanche, si vous avez déjà terminé l’une des premières versions ou si vous n’êtes pas pressés, vous finirez bien par le trouver à prix réduit d’ici un an ou deux.

Quoi qu’il en soit, The Last of Us: Part I est un jeu à faire.

ATTENTION PARENTS !!!!!!!

The Last of Us: Part I a beau être un jeu extraordinaire, il n’en est pas moins violent. La violence n’y est pas seulement visuelle, mais aussi psychologique. Le jeu montre le plus mauvais côté des êtres humains, car il semblerait que dans ce genre de situation ce soit l’humanité des gens qui disparaît en premier.
Il n’est donc pas à mettre entre toutes les mains.