Je vous le dis tout de suite, je vais avoir un mal fou à écrire ce test de The last of Us Part II. Pourquoi ? Eh bien, parce que vous parler d’une ligne de l’histoire serait spoiler, même si j’évoque les événements du premier épisode…

Donc je vais me lancer, je vais tenter de vous décrire la multitude d’émotions véhiculées par ce jeu, tout en me limitant à ses aspects techniques afin de survoler cette aventure qui prend aux tripes.

Voici mon avis…

The Last of Us Part II : une narration hors du commun

The Last of Us est sorti il y a sept ans, et Naughty Dog avait déjà rajouté une dimension cinématographique ainsi qu’une narration hors du commun à l’époque. Même si le fil conducteur, des gens qui doivent survivre après une pandémie ayant décimé la quasi-totalité de l’espèce humaine, a déjà été utilisé à de nombreuses reprises, ce jeu avait quelque chose en plus. En effet, la psychologie des personnages et toutes les émotions qu’ils véhiculent ont élevé les aventures de Joel et Ellie au rang de chef-d’œuvre.

Dans The Last of US Part II, cette dimension émotionnelle est encore plus poussée. La barbarie de ce monde post-apocalyptique dépasse l’entendement, et la survie de chacun se joue à chaque seconde.

On y retrouve Joel et Ellie, quatre ans après les événements du premier épisode, et nous y découvrons ce que nos deux héros ont parcouru depuis tout ce temps, mais également Abby, un nouveau personnage principal…

Bien que l’humanité ait subi de nombreuses horreurs entre les guerres et cette épidémie qui a anéanti la quasi-totalité de la population, cela n’empêche pas les survivants de s’entre-tuer.
Joel et Ellie vivent désormais dans une ville fortifiée du nom de Jackson où la vie semble reprendre son cours. Ellie n’est plus la pré-ado que nous avons laissée, elle est désormais une jeune femme dont la vie est rythmée par les aventures amoureuses, l’alcool local et les patrouilles à l’extérieur des murailles pour y chasser les infectés.

Malheureusement, nous découvrons très vite que cette vie “paisible” est arrivée à son terme, et muée par un désir de vengeance, Ellie part pour Seattle en compagnie de son amie Dina à la poursuite des “méchants” de l’histoire.

Mais là où est le génie des scénaristes et concepteurs de The Last of Us Part II, c’est lorsque nous découvrons les motivations de chaque personnage au fur et à mesure que les heures de jeu passent.
En effet, chacun d’entre eux a une bonne raison d’avoir commis des atrocités et on se prend à les apprécier, à découvrir qu’ils ne sont pas si “méchants” que cela et que leurs actions, aussi horribles soient-elles, sont justifiées.

Le jeu est divisé en plusieurs parties. Afin de nous faire comprendre ce qui a pu arriver durant tout ce temps qui nous sépare de la fin de The Last of Us, nous passons du présent au passé via des flashbacks, mais également en changeant de personnage.
De ce fait, nous sommes près de la moitié de la trentaine d’heures de jeu aux commandes d’Abby pour découvrir ce qui l’a menée à devenir une femme soldat et ce qui la pousse à avancer. Cela nous permet de mieux la connaître et même de venir à l’apprécier, ce qui me paraissait impossible au début de l’aventure.

Abby

La vengeance entraine la vengeance

Les émotions passent également par les sens, et The Last of Us Part II met le paquet aussi bien au niveau visuel qu’auditif.

Graphiquement ce jeu est une merveille. On pensait avoir atteint le maximum de ce que la PlayStation 4 peut faire avec God of War ou Detroit, mais ici les développeurs de Naughty Dog ont passé un palier. D’ailleurs, vu comme ma PS4 Pro faisait du bruit, il est fort probable qu’il ne soit plus possible de faire mieux sur cette machine.

Les expressions faciales des différents protagonistes sont criantes de vérité. On y lit aisément la joie, la peur ou la souffrance. Chaque personnage, même secondaire, dispose de son panel d’expressions et de sentiments à nous partager lors des différentes cinématiques ou même durant un court dialogue lors d’une exécution… Cela renforce la crédibilité, l’immersion et la force de la narration.

Les décors sont absolument sublimes, que l’on soit en pleine montagne dans la région de Jackson, ou à Seattle avec sa végétation qui a repris le dessus sur la ville… les yeux ne savent pas où se fixer tant les effets de lumière et les couleurs sont magnifiques.

La météo joue évidemment un rôle dans cette effusion de lumière. La visibilité est bien différente sous la pluie que sous un soleil éblouissant, sous les éclairs d’une violente tempête que dans un blizzard de neige, ou tout simplement en fonction du jour ou de la nuit. Tout cela a également un impact sur le gameplay, puisqu’il est plus facile de se faire repérer en pleine journée, mais qu’en fonction de son orientation le soleil peut également éblouir les ennemis et ainsi les empêcher de nous voir.

L’obscurité joue également un rôle prépondérant dans l’augmentation de notre stress, puisque c’est généralement dans des bâtiments murés ou dans des sous-sols sombres que l’on rencontre les infectés et les spores qui les accompagnent. Bien qu’ils soient plus faciles à occire ces adversaires coriaces en se la jouant furtifs, il arrive qu’une planche qui craque ou qu’un morceau de miroir tombe pour que l’on se retrouve submergé. Le seul halo de lumière fournit par notre lampe est bien trop peu suffisant pour savoir d’où vient le danger, heureusement que notre arsenal suffit la plupart du temps à nous sortir d’un sacré guêpier.

Les animations ont, elles aussi, été réalisées avec soin. Outre les sauts qui manquent d’inertie et d’amplitude ou encore les “marches arrières” un peu trop robotiques, les actions sont toutes propices à l’émerveillement. Le moindre rechargement de fusil, les déplacements des animaux ou des ennemis, même l’écoulement des eaux pluviales mériterait que l’on s’arrête pour l’admirer.

La gestion des dégâts est également stupéfiante. Un adversaire sur lequel on a tiré dans la jambe se penchera au mieux pour toucher sa blessure, mais verra au pire son membre arraché. Il n’est pas rare non plus de voir une tête exploser après avoir reçu une cartouche de fusil à pompe…

Il m’est impossible de parler d’émotions sans évoquer l’ambiance sonore de The Last of Us Part II. En effet, les musiques ponctuent parfaitement les actions, et on sait en permanence le degré de dangerosité de la situation en fonction de leur rythme. Plus on élimine d’ennemis, plus elles ralentissent, jusqu’à se faire plus discrètes lors des phases d’exploration.
Et puis, par moment, Ellie ou Joel prennent une guitare et nous jouent à leur manière du Pearl Jam ou encore du A-ah… Et là… Bah y’a rien à dire, juste à écouter et savourer…

Et surtout, il y a le doublage francophone, que dire de plus à part qu’il est parfait ? La synchronisation labiale donne presque l’impression qu’il n’y a eu aucune traduction à faire et le jeu des doubleurs est très convaincant.

Il va y avoir du spore !

En ce qui concerne le gameplayThe Last of Us Part II reste très classique. Le schéma de progression est assez identique à celui du premier épisode. On enchaîne donc les passages importants pour le déroulement de l’histoire, les traversées de lieux avec ramassage de matériels indispensable à l’amélioration de nos armes ou personnages et évidemment les innombrables situations d’échauffourées avec des infectés ou factions ennemies.

Comme dans le précédent épisode, c’est en dénichant différents matériaux que l’on peut améliorer notre armement et même se fabriquer certaines armes de jet ou des pièges explosifs. C’est grâce à un système d’apprentissage via des magazines que l’on débloque les habiletés nécessaires à leur réalisation. On peut également gagner certaines facultés pour nos héroïnes en ramassant des gélules qui offrent la possibilité d’avoir plus de résistance, une meilleure détection des ennemis, une fabrication de trousse de soins plus efficace, etc.

Le seul défaut que j’ai trouvé à The Last of Us Part II c’est son IA. Bien que nos compagnons nous filent parfois un coup de main en blessant ou en achevant un ennemi, ils restent indétectables par les adversaires, monstres, humains ou chiens. Cela m’est arrivé à plusieurs reprises que Dina se balade au milieu de champ de bataille sans même attirer l’attention, alors que je me faisais canarder de tous les côtés.

Il est aussi regrettable que jeter une brique à la tête d’un antagoniste soit aussi efficace pour l’étourdir, et le tuer ensuite d’un coup. Heureusement, pour pallier ce “défaut”, les chiens de garde font leur apparition. Ils sont malheureusement trop peu nombreux, car ils offrent un challenge supplémentaire, car une fois qu’ils ont flairé notre piste, ils peuvent nous suivre sur de très longues distances. Ce sont donc des adversaires coriaces à tuer en priorité, même si c’est un déchirement de devoir le faire.

D’ailleurs, je trouve très dommage que l’on soit obligé de nettoyer une zone pour pouvoir s’en échapper. Pourquoi n’est-il pas possible de jouer la carte de la furtivité au maximum afin d’épargner les pions pour se réserver pour notre objectif principal ? D’autant plus que les développeurs ont ajouté de nombreux chemins à emprunter pour pouvoir plus aisément prendre un ennemi à revers. Ce level design plus poussé aurait sans doute permis d’avoir moins le sentiment de participer à une boucherie.
Je crois que c’est le plus gros reproche que j’ai à faire pour ce jeu.

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Un petit mot sur l’accessibilité

Naughty Dog a fait de gros efforts pour rendre le jeu accessible à un très large public. En effet, les pros du pad pourront attaquer l’aventure en mode très difficile, alors que les joueurs du dimanche auront l’occasion de la découvrir à leur rythme en mode très facile. Chacun y trouvera son compte avec les différents niveaux de difficulté.

Mais les développeurs ont également pensé à un public encore plus large, puisqu’ils ont intégré des modes de jeu pour les personnes en situation de handicap. Je ne vais pas pouvoir toutes vous les lister, car il y en a tellement, mais que vous soyez déficient visuel ou avec des troubles moteurs au niveau des membres supérieurs, vous trouverez forcément une configuration qui vous conviendra. Et ça, c’est une excellente initiative qu’il faut souligner et encourager pour qu’elle se reproduise plus souvent.

The Last of Us Part II : mon avis

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j’ai adoré The Last of Us Part II ! Mais il m’a également choqué, frustré et parfois même ennuyé.

C’est gore, l’hémoglobine coule par hectolitres, et j’aurais parfois aimé épargner quelques ennemis qui ne me barraient pas forcément le chemin. Autant la première moitié du jeu est prenante et palpitante, autant la seconde est parfois trop longue. Je m’attendais à voir les crédits de fin… et bah non ! L’aventure se poursuivait, et pas toujours pour du pur plaisir.

Quoi qu’il en soit, nous avons affaire à un chef-d’œuvre vidéoludique tant il prend aux tripes. Mais c’est un jeu clairement pour adultes, ne laissez pas un enfant ou une personne fragile psychologiquement vous regarder jouer, car la tension émotionnelle est réelle et pourrait violemment heurter.

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